Samedi 15 mai 2010 6 15 /05 /Mai /2010 08:53

Différents RDV à retenir:

 

- Pour le vote pour la convention nationale du PS dont nous avons débattu les grandes lignes en réunion de section ce vendredi 12 mai. Il se tiendra le,

 

Jeudi 20 Mai de 18h à 20h chez Francis Gaurieau 14, Bis Blvd de l’Europ,e 16300 Barbezieux.

 

Les personnes pourront se mettre à jour de la cotisation 2010 le jour du vote.

 

- A la prochaine réunion de notre section qui se tiendra le, Vendredi 11 Juin 2010 de 20h30

Dans une salle du château de Barbezieux

 

Compte rendu de la réunion du 12 Mail 2010 :

 

Point 1 : Elargissement de notre section Nous débattons dans un premier temps sur l’élargissement de la section à Blanzac et peut-être au-delà sur l’ensemble du Sud-Charente. Nous proposons de mettre en place en septembre 2010 une AG des socialistes du Sud-Charente (incluant Chalais, Montmoreau, Aubeterre, les 3B, Blanzac) pour définir ensemble un mode de fonctionnement plus dynamique et plus attractif ou mobilisant pour les militants et sympathisants du PS : fusion de section ? Collégialité ?

Il faut y réfléchir pour pouvoir être suffisamment pertinent pour porter la voix « socialiste » dans ce secteur. Une démarche sera entamée auprès de la fédé pour connaître les modalités de rapprochement. Une information sera faite aux élus nationaux PS des territoires concernés. Il apparaît toutefois acquis que les relations avec Blanzac doivent se développer au regard de l’évolution institutionnelle du territoire. A voir comment procéder (dissolution d’une section et création d’une nouvelle).

 

Point 2 : Convention nationale Nous déplorons l’information tardive du contenu de la convention et le vote réalisé dans l’urgence ne permettant pas, entre militants, un débat en profondeur.

Outre cet aspect de forme, sur le fond nous restons dubitatifs. Sur la méthode employée d’une part, ou la concertation auprès des militants n’a jamais été sollicitée pour faire cette contribution, renforçant ainsi le sentiment de la base que ce parti est un parti d’élus….

D’autre part sur le contenu, ou le projet de gauche doit faire apparaître plus nettement sa volonté d’une meilleure répartition entre le Capital et le Travail (qui ne cesse de se creuser). La volonté dans ce « programme » d’une augmentation des salaires résoudrait beaucoup de point soulevés par ailleurs (financement de la sécu, retraite, de la solidarité..), à une époque ou les inégalités s’accroissent ou la part du revenu du capital sur le revenu du travail ne fait que s’accentuer… Le projet du PS doit mettre cet objectif au cœur du projet…

 

Point 3 : Discussion Le débat vient ensuite sur le chômage qui va s’aggraver encore d’ici fin 2010 et 2011 rendant parfois obsolète ce discours sur les retraites. Pour qui seront-elles si on passe à 15 voire 20 % de chômeurs très prochainement. La situation sur le terrain des petites entreprises est critique. Cette situation est parfois cautionnée involontairement par des politiques de moins-disant tarifaires /marchés publics. Une illustration est apportée sur les « exploitants » du service des eaux qui, via des sociétés écrans remportant des marchés au détriment tant de la concurrence avec des petites entreprises locales, que du service public (gestion du réseau) voir même du contrat d’exploitation lui-même… facturant de fait deux prestations pour le prix d’une… au profit des actionnaires des groupes, du mauvais entretien du réseau en concession… et de la satisfaction des syndicats des eaux qui ont le sentiment d’une « bonne »gestion alors que le réseau est en général très mal entretenu… Débat également sur la communication en politique, sur le conseil régional…Notamment les rumeurs sur la désignation de représentants du CR en Sud Charente…

 

Point 4 : Vie fédérale Une offre d’emploi est parue pour renforcer la coordination de la fédération. La section apporte un soutien unanime à Mohamed Hadj Boaza qui s’est porté candidat.

 

Point 5 : Divers Information sur la mise en place d’une conférence d’ATTAC, courant juin, sur les retraites…

Prochaines réunions: le Jeudi 11 juin sans oublier d’aller voter le 20 mai prochain.

 

Pour le groupe : JM

Par Section PS 3B
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /Mars /2010 18:21

Barbezieux, le 16 Mars 2010

Chère camarade, Cher camarade,

 

J’ai le plaisir de vous convier à la prochaine réunion de notre section qui se tiendra le

 

Samedi 03 Avril 2010 de 10h30 à 12h

Dans une salle du château de Barbezieux

 

Elle sera l’occasion de faire le bilan et l’analyse des résultats des élections régionales et de définir une manière de fonctionner pour participer à la construction du projet socialiste pour les prochaines échéances.

 

Compte rendu de la réunion du 13 Mars 2010 :

 

Présence de : Francis Gaurieau, Eric Brigaud, Christophe Bichot, Alain Bourdon (nouvel adhérent), Pierre Landry, Jean Yves M         allard, Mohamed Hadj-Boaza, Philippe Levert, Michel Naudin, Marcel Ortarix et Jacques Mikulovic

Etaient excusés : Jean-Claude Cheisson et Daniel Duret.

 

Le débat s’est orienté sur les grands thèmes de la politique nationale et la nécessité pour les socialistes de se réapproprier les débats de fond qui font « société ». Que ce soit la Justice, La Santé, l’Europe, le développement durable, l’Education, les Services Publics, la Solidarité…. Mais également l’économie, le maintien de l’Euro, la relation entre Banque centrale et Etat…

Une demande d’avoir une réflexion globale… et insister auprès de nos instances pour que nos résolutions et nos réflexions puissent être prises en compte dans l’élaboration d’un projet politique….

Pour cela, organiser avec la fédération des temps de réflexion comme ceux que nous avons eu avec G. Filoche.

 

Au niveau local, solliciter la section de Blanzac pour travailler ensemble, notamment / projet d’intégration de Blanzac dans la CDC 3B (vers les 4B ?).

 

Francis Gaurieau a ensuite présenté les comptes de la section pour 2009 : 487 euros de dépenses (dont 172,98 de timbres, 80 pour une gerbe, 42,47 pour le pot lors de la venue de G. Filoche, 60 pour un cadeau à G. Filoche, 127,60 de remboursement SNCF (déplacement de Mohamed à la réunion des secrétaires de section). Les Recettes s’élèvent à 169,50 euros (Reversement de cotisations)… en 2009. Reste sur les comptes le solde de 751,23 euros.

Seul 17 camarades étaient adhérents à la section… Espérant que nous soyons plus nombreux en 2010… pour faire face aux nouveaux défis et au besoin de cohésion sociale.

 

Comptant sur votre présence et celles des personnes sensibles à nos valeurs.

Par Section PS 3B
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 23:12
Bonjour à tous...

La campagne bat son plein, les affiches, les réunions et préalablement l'organisation de France - Irlande à Barbezieux, ne m'ont pas permis de vous proposer notre RDV mensuel habituel.

Demain (lundi), on va coller avec Momo, si parmi vous il y a des volontaires ce serait super..

Depuis la désignation de la liste, le vote des militants, les différentes positions prises par nos instances, nos candidats, les positions de certains de nos camarades ont évolué....
Je vous propose de débattre de tout cela, des élections, des positions pour le second tour (voir pour le premier), de notre fonctionnement ce samedi 13 mars 2010 de 10h à Midi dans une salle du chateau à Barbezieux.

Comptant sur votre présence et restant à votre écoute.

Très amicalement

JM
Par Section PS 3B
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 18:40
Ecouté ce matin sur France Inter, une émission mettant en valeur le bénévolat au service des autres.... plusieurs analyses en fonction des profils des bénévoles... le sentiment d'utilité de pouvoir soutenir de plus démunis que soi... mais surtout en fin d'émission la remarque du Président d'EMMAUS qui fait remarquer que les nombreux dispositifs mis en place ne font pas reculer la pauvreté... d'où certainement la necessité de réfléchir à la structure même du système qui gère notre "vivre ensemble" source d'inégalités et d'exclusion de plus en plus importantes où les nantis refusent de voir rogner leurs avantages...

Une réflexion à suivre donc... avant l'essouflement du bénévolat...
et des lendemains qui déchantent !

Bonnes fêtes à tous...

JM
Par Section PS 3B
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 18:39

LETTRE de Michel ONFRAY, philosophe, au Président de la République

(parue dans « le Monde » du 25 11 2009)

 

 

Monsieur le Président,

 Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son oeuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l'histoire sans jamais commettre d'erreurs : il n'a jamais, bien sûr, commis celle d'une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s'engager pour combattre l'occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s'est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l'Ouest pour l'estimer totale à l'Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.

Camus fut l'opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d'autres se révélèrent si petits.

Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à Louis Germain, l'instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d'origine en devenant, par la culture, les livres, l'école, le savoir, celui que l'Académie suédoise honorait ce jour du prix Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : "Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé." Dès lors, c'est à La Princesse de Clèves que Camus doit d'être devenu Camus, et non à la Bible.

De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l'américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d'une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d'autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George Bush combien vous aimiez son Amérique.

Savez-vous qu'Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme un antimarxiste, était aussi, et c'est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un antiaméricain forcené, non pas qu'il n'ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l'argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l'impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande "une vraie démocratie populaire et ouvrière", la "destruction impitoyable des trusts", le "bonheur des plus humbles d'entre nous" (Œuvres complètes d'Albert Camus, Gallimard, "La Pléiade", tome II, p. 517) ?

Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, "désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit", et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n'a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L'Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l'inconscient collectif français... -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le "syndicalisme révolutionnaire" présenté comme une "pensée solaire" (t. III, p. 317).

Est-ce cet Albert Camus qui appelle à "une nouvelle révolte" libertaire (t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la "forme de la propriété" dans Actuelles II (t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n'est pas une exception, c'est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : "Le pouvoir rend fou celui qui le détient" (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l'anarchiste, le libertaire, l'ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?

De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d'Etat qui s'illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l'emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d'ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l'occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.

Camus parlait en effet dans L'Homme révolté de la nécessité de promouvoir un "individualisme altruiste" soucieux de liberté autant que de justice. J'écris bien : "autant que". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c'est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c'est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c'est l'Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d'âme ; la justice sans la liberté, c'était l'URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l'incarnation souveraine, n'est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.


 

Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd'hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n'est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et soeurs, descendants aujourd'hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d'Afrique du Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu'aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ?

Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu'elle ne ferme, que Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé "La condition ouvrière" qu'il fallait faire "participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national" (t. III, p. 1059) ? Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de Camus pour faire du philosophe un social-démocrate...

Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l'intelligence contre les partisans du sang de l'armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c'était par défaut : Albert Camus n'a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru - pourvu qu'elle soit morale.

Comment comprendre, sinon, qu'il écrive dans L'Express, le 4 juin 1955, que l'idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l'opportunisme des totalitarismes du moment et qu'elle "réformera son matériel idéologique et abâtardi par un demi-siècle de compromissions et (que), pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté" (t. III, p. 1020) - ce qui dans L'Homme révolté prend la forme d'une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien... Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n'est pas la critique de tout le socialisme, loin s'en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l'hégémonie d'un seul.

Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza - la seule tombe qu'il aurait probablement échangée contre celle de Lourmarin... Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l'efficacité de son exemplarité (n'est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous.

Donnez-nous en effet l'exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu'au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n'entendez pas mener une politique d'ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l'action politique à l'amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire...

A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d'un Camus au Panthéon, qu'à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez-nous donc que votre lecture du philosophe n'aura pas été opportuniste, autrement dit, qu'elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu'en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l'origine d'une authentique révolution qui nous dispenserait d'en souhaiter une autre.

Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.

                                                                                     Michel ONFRAY

 

 

 

 

Par Section PS 3B
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