Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 22:03
Il faut bien en convenir, nous venons comme simple citoyen, de passer de bien désespérantes semaines comme le fait remarquer JC Guillebaud dans un éditorial intitulé "Entre deux feux".
Le procès Clearstream nous fait entrevoir l'âpreté sans pardon des luttes au sommet. Il nous a fugitivement introduits dans les coulisses du pouvoir, là où s'ébattent agents secrets, faussaires et manipulateurs, tout cela derrière l'écran majestueux de la "République". Juste après, la condamnation  pénale de Charles Pasqua - qui promet de "tout dire" - et le renvoi en correctionnelle de Jacques Chirac ont encore noirci le tableau.
Dire cela ne signifie pas qu'on veuille accabler la majorité de droite de tous les maux (tout de même, avec sa formidable conception de l'équité sociale !), en oubliant les affaires équivalentes sous Mitterrand mais c'était une autre époque, celles des années "fric". Il se trouve simplement qu'en cet automne 2009 toutes ces histoires impliquant le pouvoir politique (l'Etat) prennent un relief particulier suite aux promesses du candidat président Zébulon (surnom donné par l'UMP local). A cela deux séries de raisons.
La première concerne la crise financière survenue il y a un an. Cette dernière a propagé une image bien sombre du pouvoir économique et bancaire, lequel détient pourtant une influence grandissante sur le MEDEF, le gouvernement (quasi même chose) et possède en son sein des experts dignes de la cours martial (Minc a été un bon prof et continue de prodigué son savoir), mais rémunérés sur la base d'une idéologie impressionnante d'illusions pour la cohésion sociale et le développement humain. Ce pouvoir économique et bancaire est apparu comme un espace sans foi ni loi, gouverné par la cupidité, l'égoïsme, un espace ou prévaut le je-m'enfoutisme intégral pour tout ce qui touche à l'intérêt général.
Face à cette attitude, nous nous retournons vers l'Etat. C'est à lui qui revenait la mission de sauver le "système". "Privatisons les bénéfices, socialisons les pertes" (en mettant à plat les finances publiques pour signifier la nécessité de le privatiser) a toujours été la stratégie de la bonne droite bien pensante... sa notion de l'intérêt général, mais il fallait bien à ce moment, et la gauche, le PS a soutenu ce sauvetage et cette relance (insuffisante) pour préserver un minimum de biens commun.

Intervenant en urgence (avec l'argent des contribuables via principalement la TVA (pas celle des restaurateurs), tant le taux d'imposition des plus aisés dans notre situation n'a jamais été aussi bas (niches, bouclier...)) le politique a joué tant bien que mal son rôle, même s'il n'est pas (encore, on peut rêver à tout avec Zébulon) parvenu à réformer et à moraliser le système. N'empêche qu'il s'est retrouvé dans la position de celui qui incarne peu ou prou la "vertu" démocratique (concept qui nécessite aujourd'hui d'être éclairci).
Or, les affaires précitées, celles plus personnelles de la descendance (le prince charmant), viennent nous rappeler que l'Etat lui-même peut abritezr en son sein une bonne dose d'immoralité et d'égoïsme.
Tout se passe comme si nous nous retrouvions pris "entre deux feux" (Guillebaud), bien en peine pour le citoyen lambda d'accorder sa confiance à qui que ce soit. Si on ajoute, seconde raison, que tout cela se produit alors même que les effets de la crise continuent de déglinguer nos sociétés (et c'est pas fini), alors il y a lieu de s'inquiéter.
La double déconsidération du pouvoir économique et du pouvoir politique (qui avec cette droite incarnée par Zébulon ne fait qu'un), ne laisse aux victimes du chômage, de la nouvelle souffrance sociale et de l'exclusion que leurs deux yeux pour pleurer... et encore si on ne construit pas des prisons pour les acceuillir !
Vers qui les citoyens désabusés vont-ils tourner leur regard ? Souhaitons que ce ne soit pas vers les démagogues, lesquels voient subitement s'ouvrir un boulevard devant eux...et à ce jeu, Zébulon excelle !
Il va nous faloir beaucoup de convictions, de patience et la mise en avant de valeurs autour d'un projet pour tous pour combattre cet égoïsme, la peur entretenue et le repli sur soi, seul reflexe des citoyens face aux rafales libérales.
Gageons pour un sursaut démocratique, dynamique visionnaire et solidaire...
JM
Par Section PS 3B
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

C'est en effet un risque d'écoeurement généralisé qui se profile, qui a d'ailleurs commencé à germer. Voilà trop longtemps que la confiscation des richesses se marie avec l'indécence des privilèges et la manipulation des institutions. Restons cependant rassurés, un temps, que, dans un sursaut, la justice montre qu'elle n'est non pas un contre-pouvoir, mais une autorité indépendante... c'est un signe essentiel, car qui sait si ne s'annonce pas le temps de juger les responsables de tous ces détournements du Droit et de la Loi à leur seul profit ? Alors oui à cette insurrection démocratique dont tu parles ; il faut la construire et commencer par mettre la gauche au diapason de ce combat. Les mesures à prendre sont pour beaucoup connues : limitation des écarts de salaires, égalité devant la loi, planification des besoins essentiels à la satisfaction des besoins humains, systématisation des préoccupations écologiques, retour dans le giron public d'un pôle public financier et de crédit, gestions publique de l'eau et des ressources naturelles...Bref, en rendant aux citoyens ce qui leur appartient et en assurant qu'il n'y a plus d'impunité pour un système et ses hobereaux, alors la confiance en la démocratie reviendra...
PA
Commentaire n°1 posté par Pouria AMIRSHAHI le 08/11/2009 à 12h27
Ce qui est certain Pouria, c’est que ce n’est pas avec la suppression du juge d’instruction que la justice va accroître son indépendance. Tu as raison lorsque tu dis de la justice qu’elle doit non pas être un contre pouvoir mais un pouvoir à part entière qui doit impérativement être indépendant. C’est en tout cas dans cet état d’esprit que Locque ou Montesquieu concevaient leur théorie sur l’équilibre des pouvoirs.
Quoi qu’il en soit, l’insurrection démocratique ne peut passer que par les urnes, en proposant des candidats de conviction. Des candidats qui soient le reflet des différentes composantes de l’électorat imprégnés par les préoccupations de la population et non des postulants étrangers aux difficultés du quotidien d’une partie toujours plus importante de la population française.Enfin des candidats qui aient les capacités et non les compétences comme tu me l'as si bien signalé Jacques.
A mes yeux la confiance en la Démocratie passe aussi et surtout par cela.
M. Hadj
Commentaire n°2 posté par Mo le 10/11/2009 à 15h59

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Derniers Commentaires

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés